Fern Cristo, autrice indépendante

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Author: ferncristo

Petits Meurtres et Train Couchettes: Crime au Sommet (1/5)

Posted on March 9, 2025October 24, 2025 by ferncristo

Cette série de cinq nouvelles s’ouvre alors que Pervenche, Odile et Célestine montent à bord du Pic Express, en route pour une semaine à la montagne. Dans ce premier épisode, Pervenche revient sur sa toute première visite à la station du Pic d’Argent et sur l’affaire criminelle qu’elle a résolue avec une telle rapidité et finesse qu’elle s’est vu offrir une invitation à vie dans l’établissement.

Vous pouvez aussi écouter cette nouvelle sur ma chaine YouTube.
Odile Bartabot est la protagoniste de la série Bartabot Investigations, disponible sur Amazon.fr.

Crime au Sommet
L’horloge de l’église adjacente à la gare de Soleilcity sonna six fois. Les vibrations du dernier son de cloche se réverbérèrent longtemps dans la nuit qui enveloppait déjà la ville. Le chef de gare consulta sa montre. Encore sept minutes avant l’arrivée du Pic Express. Il reprit ses cent pas le long du quai. Son uniforme en laine épaisse lui tenait chaud, mais le froid humide du ciment s’infiltrait par la semelle de ses chaussures et il ne sentait plus ses orteils. Il avait hâte de faire embarquer les passagers dans le dernier train de la journée et d’aller retrouver la chaleur de sa cheminée, le moelleux de son fauteuil et le réconfort d’une bonne soupe de poireaux. La lumière jaune des lampadaires révélait une multitude de flocons de neige qui s’accumulaient peu à peu sur les bancs comme une couche de sucre glace sur un gâteau. Quelques instants plus tôt, les passagers avaient quitté le confort du petit café et s’étaient agglutinés les uns contre les autres sur le quai, formant une masse informe qui grandissait au fur et à mesure qu’elle absorbait de nouveaux venus.
Au loin, le sifflement d’un train annonça l’arrivée imminente du Pic Express. Les silhouettes se penchèrent à l’unisson pour guetter son apparition. Le ronronnement du moteur, d’abord imperceptible, s’intensifia jusqu’à en devenir assourdissant. Puis les phares de la machine percèrent la brume et la locomotive émergea brutalement de l’obscurité.
Les passagers s’agrippèrent à leur chapeau que le vent menaçait d’emporter. Le défilé des wagons ralentit peu à peu, puis la locomotive s’immobilisa dans un grand soupir.
Une fois les portes ouvertes, les voyageurs s’empilèrent à la hâte dans le train. Le chef de gare s’assura que tout se déroulait dans l’ordre puis tourna son attention vers les quatre voitures de première classe qui avalaient un à un les passagers tirés à quatre épingles. Sa mère lui disait souvent que l’argent ne faisait pas le bonheur et les visages renfrognés de cette cohorte de privilégiés corroboraient cette opinion. Traits pincés et expressions condescendantes, ces gens ne manquaient de rien, sauf de bonne humeur, songea-t-il avec un haussement d’épaules. Comme pour lui donner tort, un éclat de rire s’échappa d’un groupe à la traîne. Une jeune fille emmitouflée dans un épais manteau était en proie à un fou rire où Jules décela la joie, l’excitation, mais aussi la nervosité. Il n’aurait pas su lui donner d’âge. Ses yeux légèrement bridés, son nez quelque peu aplati et sa petite taille lui révélèrent sa trisomie. Elle était accompagnée d’une grande dame mince d’une soixantaine d’années et d’une femme qui devait avoir la trentaine. Le chef de gare pressa le pas pour les rejoindre.
— Vous allez louper votre train, mesdemoiselles Bartabot, si vous ne vous dépêchez pas un peu, dit-il avec un sourire avenant.
— C’est la faute de ma sœur, dit la jeune femme. Célestine a tenu à finir son chocolat chaud, le mien et celui de notre grand-mère.
— Vous aimez le chocolat, mademoiselle ? dit-il en s’adressant à la jeune fille emmitouflée.
— Oui, admit-elle en rougissant.
— Dans ce cas, toutes mes excuses. Je suis moi aussi un grand amateur de chocolat, dit-il d’un ton jovial.
Il aida Célestine à se hisser sur la plateforme, déposa leurs bagages à l’entrée du wagon puis referma la porte. Il plissa les yeux pour discerner le petit groupe par la fenêtre embuée. Je suis moi aussi un grand amateur de chocolat, murmura-t-il. Quelle andouille, il n’aurait pas pu trouver quelque chose de plus intelligent à dire à la fameuse Pervenche Bartabot ? 


— Je peux voir votre billet ? demanda poliment une femme en uniforme. Ses cheveux bruns étaient rassemblés en un chignon serré à la base de sa nuque, suffisamment bas pour ne pas entraver la casquette réglementaire des employés de la compagnie. Elle posa un bref regard sur les vêtements et les bagages modestes du petit groupe.
— Mais bien sûr, répondit Pervenche en sortant sa réservation de son sac.
— Alors, vous êtes dans le wagon 2. Ça va vous plaire, enfin j’espère. C’est celui que je préfère. D’un geste ferme, la cheffe de wagon souleva leurs deux valises, révélant une force étonnante derrière sa silhouette fine, puis les conduisit jusqu’à leurs quartiers.
— Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, surtout, n’hésitez pas. Je m’appelle Nadine.
Quelques instants plus tard, Odile Bartabot refermait la porte coulissante derrière elle et entreprit de libérer Célestine des multiples couches de vêtements sous lesquels leur mère l’avait cachée. Une fois les manteaux et les bagages rangés, Odile tourna son attention vers la cabine.
— Waouh ! Pervenche ! Tu as gagné au loto ? dit-elle après quelques secondes.
Mais plongée dans la gazette de Soleilcity, sa grand-mère leva le doigt pour la faire taire. Vexée, Odile s’assit sur la banquette et ouvrit le rideau pour observer le quai de gare désert. Le reflet imprécis de son visage dans la vitre effaçait la cicatrice qui marquait son profil droit. Elle eut l’impression d’avoir voyagé dans le temps, avant l’accident qui lui avait fait quitter la police. Elle sentit le regard de sa grand-mère posé sur sa nuque et se retourna. Pervenche replia le journal d’un air pensif et le rangea dans son sac.
— Non, je n’ai pas gagné au loto. Enfin, pas littéralement. Disons que le président du groupe Pic Voyages me devait une faveur que je n’ai jamais encaissée.
Odile esquissa une petite moue.
— Une faveur ? Quel genre de faveur ?
— Une semaine dans sa station de ski une fois par an, tous frais payés. Comme je n’ai que très peu profité de cet arrangement par le passé, Romuald Claret m’a offert d’inviter deux personnes de mon choix cette année.
Odile caressa du regard les spots encastrés qui baignaient la suite d’une lumière ambrée. Deux banquettes en velours vert se faisaient face, séparées par une table en bois blond. Le sol était couvert d’une épaisse moquette ocre. Les couchettes superposées se trouvaient au fond de la cabine.
— Et qu’est-ce que tu as fait pour mériter ce traitement de luxe ? demanda Odile.
— J’ai sauvé Romuald d’une faillite certaine, répondit Pervenche d’un ton distrait.
— Et… commença Odile.
La porte s’ouvrit brutalement sur un petit homme rond au teint rubicond et aux cheveux blonds, coiffés de sorte à dissimuler une calvitie avancée.
— Ah, mon Dieu, dit-il, indigné. Vous êtes dans ma suite !
Pervenche leva un sourcil, mais ne bougea pas de sa banquette. Odile s’empara de la réservation qu’il lui tendait.
— Je crois que vous vous trompez, monsieur, dit-elle enfin. Vous êtes ici dans le wagon 2, et vous avez réservé le wagon 3.
— Vous êtes sûre, madame ?
Odile l’accompagna dans le couloir et indiqua du doigt le chiffre doré qui marquait la suite adjacente.
— Oh, je vois. J’avais pourtant demandé la cabine 3, dit-il à regret. Je m’excuse de vous avoir dérangées.
Odile referma la porte avec un sourire poli.
— Où en étions-nous ? demanda-t-elle.
— La faveur de Romuald, expliqua Célestine. On se met tout de suite en pyjama ? suggéra-t-elle. On sera plus à l’aise, non ?
Célestine adorait les pyjamas. Elle en avait tout une collection, de préférence des pyjamas moelleux et qui tenaient chaud, même si le wagon était bien chauffé, à en juger par la condensation qui couvrait les vitres.
— Oui, vas-y, Célestine ! Mets-toi à l’aise. On peut manger ici, non ? demanda Odile qui n’avait pas particulièrement envie de se frotter à la haute bourgeoisie soleilcitoise.
— Oui, bien sûr, répondit sa grand-mère. On sera aussi bien.
Célestine disparut derrière la tenture qui séparait les couchettes de la cabine principale. Quelques instants plus tard, elle était de retour, vêtue d’un ensemble en pilou bleu marine, orné d’un croissant de lune jaune.
Odile se tourna vers sa grand-mère.
— Alors, ce Romuald, comment est-ce que tu lui as sauvé la mise ? Tu nous racontes ?
Odile se cala dans la banquette et étala une couverture sur ses jambes et celle de sa sœur. Pervenche, quant à elle, ferma les rideaux puis enveloppa ses épaules d’un châle en laine fine et prit place sur le sofa opposé.
— Ça remonte, cette histoire.
— Ça remonte au début de ta carrière ? demanda Odile.
— Non, c’était après le départ de Gaspard. On venait de s’installer dans les locaux de la Main dans le Sac. J’avais résolu une belle affaire et on avait décidé d’aller passer un week-end à la montagne avec Jean-Gabriel.
— Et vous êtes allés à la station du Pic d’Argent ?
— Voilà. C’est Jean-Gabriel qui a insisté pour qu’on s’y rende.
— Sans sa femme, je suppose ?
Pervenche baissa la tête pour toiser sa petite-fille par-dessus ses lunettes.
— Sans sa femme, effectivement, confirma-t-elle lentement. Il connaissait l’investisseur qui venait d’ouvrir le Pic d’Argent. L’hôtel était alors tout neuf, et pour être honnête, le personnel n’avait pas encore pris ses marques. Il n’y avait pas de savon dans les salles de bain, notre lit n’avait qu’un oreiller, la réception n’a jamais répondu à nos appels parce qu’il y avait un problème avec la ligne téléphonique. Maintenant que j’y pense, j’aurais dû trouver cela suspect, mais nous étions, comme le reste des résidents, des invités d’honneur, donc quand on ne paie pas, on ne se plaint pas non plus.
— Donc, c’était plutôt un test ? Pour roder la machine ?
— Voilà, acquiesça Pervenche. J’ai d’ailleurs hâte de voir où ils en sont. Romuald a ouvert deux autres établissements depuis, donc je suppose que cela a bien marché, son affaire. Quoi qu’il en soit, nous étions à l’hôtel depuis deux jours quand un cri m’a alertée. J’étais remontée dans ma chambre en fin d’après-midi pour aller chercher un gilet. Il faisait un froid de canard dans le restaurant et il neigeait sans interruption depuis notre arrivée. Je me suis précipitée dans le couloir. Là, planté sur le seuil d’une suite située à l’autre bout du couloir, se tenait un des hommes de l’équipe de maintenance, les mains dégoulinantes de sang. Il fixait l’intérieur de la chambre, livide.
— Eh bien justement, interrompit Odile, il fait un peu frais ici aussi, non ? J’aimerais bien une tasse de thé, dit-elle en levant les sourcils à l’attention de sa grand-mère.
— Oh oui, je vois. Célestine, tu pourrais demander à notre cheffe de wagon de nous apporter un en-cas ?
— Tu ne veux pas que j’entende la suite de l’histoire, maugréa Célestine. Je ne suis pas bête.
— Et demande-lui un assortiment de petits gâteaux, ajouta Pervenche.
— Bon, d’accord, s’inclina Célestine, sa gourmandise légendaire prenant le dessus sur sa curiosité.
— Et je suppose qu’il y avait un cadavre dans la chambre ? avança Odile, une fois sa sœur partie.
— Oui. Un bien triste spectacle. Une femme gisait au sol, le profil complètement emporté par un coup violent, visiblement asséné par l’extincteur posé à côté d’elle.
— C’est le réparateur qui l’avait tuée ?
Pervenche secoua la tête en signe de dénégation.
— Jean-Gabriel était convaincu qu’il avait fait le coup, mais ce n’était pas le cas. La découverte de la victime avait tellement choqué ce pauvre homme qu’il en avait brisé l’ampoule qu’il tenait dans les mains. Quand je lui ai demandé ce qu’il faisait là, il a bredouillé que madame Claret l’avait appelé pour réparer une lampe qui ne fonctionnait pas. Selon lui, la porte était entrouverte et c’est comme ça qu’il avait découvert le cadavre.
— Donc Valérie est morte d’un coup d’extincteur qui a probablement causé une fracture fatale. Ça ressemble à un crime non prémédité. Le meurtrier a utilisé ce qu’il avait sous la main.
Pervenche fronça les sourcils.
— Ou du moins, c’est ce qu’il a voulu faire croire, se corrigea Odile.
Sa grand-mère hocha la tête puis reprit son récit.
— J’ai dit à Ernest, l’homme en question, de ne rien toucher, et surtout pas la victime, et d’appeler la police. Mais je me suis alors souvenue que le téléphone ne fonctionnait pas.
— Quelle situation classique, commenta Odile avec envie.
Pervenche acquiesça avant de continuer :
— En dépit du visage abîmé de la victime, j’ai tout de suite reconnu Valérie, la femme de Romuald Claret, notre hôte. J’ai demandé à Jean-Gabriel d’aller chercher Romuald. Il s’est effondré en découvrant le corps de sa femme, le pauvre. Elle ne l’aimait pas, mais lui l’aimait pour deux. J’ai ensuite demandé à Jean-Gabriel d’accompagner Romuald dans notre chambre et j’en ai profité pour examiner rapidement la pièce. Une chambre d’hôtel de luxe classique. La porte d’entrée menait sur un salon privé, une porte s’ouvrait sur une chambre décorée d’épaisses tentures, et meublée d’un lit de deux personnes flanqué de deux tables de nuit. Il y avait une salle de bain attachée à la chambre. Et bien sûr, il y avait des miroirs partout. Les riches aiment s’admirer.
La porte s’ouvrit et Célestine réapparut. Elle se frottait les mains d’excitation.
— Nadine, elle va nous apporter un plateau avec des petits gâteaux, du thé et du chocolat. Elle m’a dit que le train allait partir un peu en retard. On attend un passager.
— Je vois que toi aussi, tu enquêtes, la taquina Pervenche.
Célestine rougit de plaisir. Elle aimait son travail au rayon fruits et légumes d’une épicerie fine de la ville, mais aurait préféré être détective privée, comme sa sœur et sa grand-mère. Elle reprit sa place sous la couverture et tendit l’oreille.
— Je suis donc allée interroger le personnel et j’ai rapidement découvert que Romuald et Valérie étaient au beau milieu d’un divorce très contentieux. Sa femme voulait le quitter, mais ils avaient un contrat de mariage. Valérie n’avait droit à rien du tout. Et Romuald était toujours très amoureux de sa femme.
— Donc Romuald l’aurait tuée parce qu’elle voulait partir ? interrompit Odile, sceptique
— Selon la femme de chambre, expliqua Pervenche, Romuald aurait à plusieurs reprises menacé de tuer Valérie si elle partait.
— Donc tout porte à croire que Romuald était coupable. Il aurait perdu le contrôle de ses émotions ?
— Oui, c’est ce que je me suis dit, un moment de folie. Sa femme était capable de le mettre hors de lui. Ce n’est bien sûr pas une excuse. Les hommes nous mettent régulièrement en colère et nous ne les assassinons pas pour autant. Mais le personnel m’a confié que leurs disputes étaient si violentes que la police avait dû intervenir plusieurs fois.
— Il n’y a pas de fumée sans feu, je suppose, dit Odile qui ne semblait pas convaincue. Après tout, vingt ans plus tard, Romuald dirigeait toujours l’hôtel et en avait même ajouté deux autres.
— Est-ce qu’il manquait quelque chose dans sa chambre ? demanda-t-elle.
— Que oui ! Le coffre-fort était ouvert et avait été vidé de son contenu.
— De l’argent ?
— Des bijoux, la corrigea sa grand-mère. Romuald avait prévu un dîner en grande pompe pour inaugurer la station de ski, et il avait offert une parure en diamants à sa femme.
— Intéressant, dit simplement Odile, intriguée.
— La parure se composait d’un collier, d’une paire de boucles d’oreilles et d’un bracelet. Le collier et le bracelet avaient disparu, mais j’ai retrouvé les pendants d’oreilles dans la table de nuit de Romuald, dans sa suite au dernier étage de l’hôtel.
— Il t’a laissé fouiller sa suite ?
— Je ne lui ai pas demandé la permission.
— Donc, Romuald et sa femme faisaient chambre à part ?
— Oh oui, dit Pervenche avec un petit rire. L’animosité était palpable quand ils étaient dans la même pièce.
— Qu’a dit Romuald quand tu l’as confronté ?
— Il a bien sûr juré son innocence. Il n’avait aucune idée de la façon dont les boucles d’oreilles s’étaient retrouvées dans sa chambre. Bref, tu connais la chanson. Et puis, la police est arrivée sur ces entrefaites et Romuald se voyait déjà ruiné et en prison pour le restant de ses jours. L’inspecteur chargé de l’affaire a fait une enquête sérieuse, mais tout portait à croire que Romuald était coupable, et son avocat lui conseillait de plaider le crime passionnel.
— C’est à ce moment-là que j’ai fait remarquer à l’inspecteur que les lampes de la suite de Valérie fonctionnaient toutes parfaitement.
Odile fronça les sourcils.
Pourquoi Valérie a -t-elle appelé la maintenance, alors ?
Exactement.
Et ce que j’ai trouvé encore plus étrange, c’est qu’Ernest avait la charge de la télécommunication, pas de réparations.
Donc il aurait pu couper les lignes téléphoniques, dit soudain Célestine avec cette perspicacité qu’elle manifestait parfois.
Mais ce n’est pas tout, continua Pervenche. En examinant le corps, j’ai remarqué que Valérie Claret semblait s’être habillée dans l’urgence. Son chemisier en particulier était mal boutonné. Ce n’était pas son genre, Valérie était toujours vêtue de façon impeccable.
Odile se mordit la lèvre inférieure, mais ne dit rien. Cette affaire aux abords simples s’avérait de plus en plus complexe.
Un léger frappement interrompit le récit de Pervenche.
— Entrez, dit Odile.
La cheffe de wagon pénétra dans la suite, chargée d’un lourd plateau couvert de friandises et de boissons chaudes.
— Nous avons du retard ? s’enquit Pervenche.
— Oui, répondit Nadine en versant l’eau bouillante sur les sachets de thé. Nous attendons une passagère d’importance.
— Suffisamment importante pour retarder tout un train ?
— Apparemment, oui, dit la femme en haussant les épaules, habituée aux caprices des passagers du Pic Express.
Elle servit le chocolat de Célestine, déposa une cuillère de crème fouettée sur la tasse puis s’effaça discrètement.
— Continue, Pervenche, dit Célestine en empilant des biscuits sur son assiette.
— J’ai d’abord interrogé Romuald. Quand je lui ai demandé quand il avait vu les boucles d’oreille pour la dernière fois, il a répondu la veille au dîner. Ils avaient reçu un groupe d’investisseurs et Valérie portait la parure complète. Valérie était férue de bijoux et l’aurait portée du matin au soir.
Pervenche fit une pause pour avaler une gorgée de thé et croquer dans une madeleine.
— Le problème, ajouta Pervenche, c’est que les oreilles de la victime n’étaient pas percées.
Odile ouvrit la bouche puis la referma.
Qu’est-ce que tu as fait, alors ? demanda Célestine.
Eh bien, j’ai réuni tout le monde dans la salle de repos des employés de l’hôtel. Romuald lui-même, Ernest, les employés assignés à l’étage de Valérie. Je voulais faire le point, savoir où chaque personne se trouvait au moment du meurtre. Honnêtement, je pataugeais complètement. Et c’est à ce moment-là que j’ai découvert que l’employée du mois était une certaine Rose Lafrance.
— Moi aussi je suis employée du mois, rayonna alors Célestine.
— Et je parie que ta photo est affichée en salle de pause ? demanda Pervenche.
— Oui, confirma Célestine.
— Eh bien, la photo de Rose Lafrance était aussi accrochée au mur. Rose était responsable de la présentation des espaces communs de l’hôtel : fleurs fraîches, coussins impeccablement disposés, rideaux tirés avec soin… Un rôle qui la tenait éloignée des clients. J’ai demandé à Romuald de la convoquer immédiatement tout en sachant qu’il ne la trouverait pas.
— Et pourquoi ? s’enquit Odile.
— Eh bien, vois-tu, Rose présentait une ressemblance remarquable avec Valérie. Tu vois où je veux en venir ?
Odile se fendit d’un sourire triomphant.
— Et je parie que cette fameuse femme de chambre avait les oreilles percées, elle ?
— Oui, confirma sa grand-mère.
Je ne comprends pas, dit Célestine avec une petite moue.
Valérie a simplement profité de sa ressemblance avec Rose. Elle l’a fait appeler dans sa chambre sous un prétexte quelconque, l’a tuée d’un coup d’extincteur, puis l’a rapidement habillée pour la faire passer pour elle. Elle a pris le collier, mais a déposé les boucles d’oreilles dans la table de nuit de son mari pour l’incriminer.
— Mais pourquoi l’incriminer au lieu de voler les boucles d’oreilles avec le reste de la parure ?
Pervenche haussa les épaules.
— C’est ce que j’ai demandé à Valérie.
— Ils l’ont retrouvée ?
— Non seulement ils l’ont retrouvée, mais ils lui ont aussi sauvé la vie. Elle s’était enfuie quand j’ai convoqué l’assemblée. Sa voiture s’était enlisée dans la neige. Elle n’aurait pas survécu.
— Et qu’est-ce qu’elle a dit ?
— Qu’elle voulait absolument se venger de Romuald. Elle souhaitait le quitter, mais était furieuse qu’il ne lui ait pas cédé la moitié de sa fortune. Alors elle s’est vengée en le faisant accuser de son meurtre. La vente de la parure lui aurait apporté une sacrée somme, mais son esprit de vengeance l’a trahie.
— C’est assez bien planifié, mais la police n’aurait-elle pas découvert le subterfuge au moment de l’autopsie ?
— Non, expliqua Pervenche. Romuald avait identifié le corps de sa femme, donc l’inspecteur n’avait aucune raison de soupçonner quoi que ce soit.
— Et Ernest, dans tout ça ?
— Ernest était juste un pion. Valérie a appelé la maintenance et exigé qu’on vienne réparer cette fameuse lampe. Elle voulait causer une commotion et en profiter pour s’enfuir. Il se trouve que le seul employé disponible à ce moment-là était ce pauvre Ernest. La coupure de téléphone était simplement due à la tempête de neige qui paralysait la station de ski.
Un nouveau coup frappé à la porte interrompit leur conversation. Nadine passa la tête dans l’entrebâillement.
— Le passager manquant est à bord, nous partons dans quelques minutes, leur annonça-t-elle avec un sourire éclatant.
— Excusez-moi, dit la voix impérieuse d’une rombière toute vêtue de noir.
La cheffe de wagon se glissa dans la cabine pour faire de la place à la passagère puis s’effaça.
— Après réflexion, nous irons dîner dans la voiture-restaurant, dit soudain Pervenche.
— Je croyais que tu voulais manger ici ? s’étonna Odile.
— Ce serait dommage de manquer cela, après tout, ça fait partie de l’expérience…
Un strident coup de sifflet couvrit ses mots.
— En voiture ! cria le chef de gare de sa voix de baryton.
Le Pic Express se mit en branle. Célestine alla ouvrir le rideau et essuya de sa manche la buée de la fenêtre. Elle regarda défiler le petit café de la gare, les bâtiments qui bordaient le quai, puis le train accéléra et s’enfonça dans la brume.
— Bon, je vais mettre ma robe noire à paillettes pour aller manger, alors ? annonça-t-elle.
— Oui, pourquoi pas ? répondit Odile. Je suis sûre que tout le monde sera sur son trente-et-un.
Célestine ouvrit sa valise, à la recherche de sa tenue de soirée.
— Mets un petit gilet au cas où, lui conseilla sa grand-mère, en ignorant le regard inquisiteur d’Odile.  

Lire la suite: Spores Suspectes

Retrouvez les enquêtes d’Odile Bartabot sur Amazon.fr.

Sortie du troisième Tome des Enquêtes d’Odile Bartabot

Posted on March 8, 2025July 13, 2025 by ferncristo

Et “just like that”, comme dirait Carrie Bradshaw, le troisième tome des Enquêtes d’Odile Bartabot sort ce mois-ci sur Amazon.

Sortie prévue fin mars 2025

Meurtre à L’Emporium des Curiosités sortira en fin de mois. Il est actuellement entre les mains expertes du Scriptorium pour la correction et la mise en page finale.

Cette fois, l’intrigue se déroule au début du printemps et introduit une nouvelle galerie de personnages hauts en couleur, que vous retrouverez dans les prochaines aventures d’Odile.

Le ton est peut-être un peu plus sombre que dans les deux premiers volumes, puisque l’histoire se déroule dans un salon de taxidermie dirigé par une propriétaire excentrique au passé mystérieux. Je vous explique ce qui m’a inspirée à choisir ce cadre.

Ma source d’inspiration: une boutique de curiosité à Denver

Étagères décorées de plantes vertes, de crânes d’animaux et de terrariums au magasin The Terrorium Shop, ambiance cabinet de curiosités.

Au printemps dernier, je suis tombée par hasard sur une boutique de taxidermie située dans le quartier des Highlands, à Denver (soit dit en passant, c’est là que se déroule C’est là que tu te sens chez toi, mon premier roman).

La boutique s’appelle Le Terrorium, un jeu de mots combinant “terrarium” et “terror” en anglais. Si vous imaginez une échoppe sombre, poussiéreuse et macabre, détrompez-vous. Imaginez plutôt un lieu rempli de plantes vertes, de livres, de bijoux, et bien sûr, d’insectes et d’animaux naturalisés ou préservés dans du formol. Macabre, peut-être, mais ni sombre ni déprimant.

Attention: pas de cruauté, pas de traffic animalier

Pour les amoureux des animaux, sachez que cette boutique ne travaille qu’avec des spécimens déjà morts. Voici une traduction approximative de leur code de conduite :

Nos spécimens osseux sont collectés post-mortem. Parmi nos sources figurent des os récupérés lors de randonnées ou auprès de collectionneurs locaux, des spécimens issus de la faune percutée sur la route, des animaux pris en charge par les services de contrôle de la faune dans le cadre de la gestion de la biodiversité, des dons d’animaux de compagnie, des sous-produits d’autres industries, des boutiques locales spécialisées en reptiles, ainsi que des animaux morts de cause naturelle provenant d’éleveurs et de petites fermes familiales. Nous ne proposons ni espèces en danger, ni celles protégées par le Migratory Bird Treaty Act (Convention sur les oiseaux migrateurs).

Cette boutique m’a immédiatement fascinée – d’ailleurs, je la suis sur Instagram. J’ai pris quelques photos, puis une fois rentrée chez moi, je me suis mise à écrire.

A quoi s’attendre dans ce nouveau tome?

J’espère que ce troisième tome des Enquêtes d’Odile vous surprendra ! Vous remarquerez peut-être qu’il est un peu plus long que les précédents. Disons que j’ai semé pas mal de graines dans les premiers tomes, il était temps de les faire germer.

Vous retrouverez Louisette, mère célibataire pleine de courage, Célestine, une jeune fille trisomique qui ne laisse pas son handicap l’empêcher de mener une vie épanouie, et bien sûr Pervenche, qui continue d’enquêter malgré sa retraite. J’ai aussi introduit un personnage en fauteuil roulant dans ce volume.

Vous l’aurez deviné, la représentation des minorités est un sujet qui me tient à cœur. Nous sommes tous membres égaux de la société et nous avons tous le droit de nous retrouver dans les romans. Trop souvent, lorsqu’un personnage handicapé apparaît dans un livre, son handicap devient le sujet central du récit. Je voulais éviter ce schéma. Les habitants de Soleilcity sont humains, divers, et leur unicité ne définit pas l’histoire, mais l’enrichit.

Bref, j’espère que vous prendrez plaisir à lire ce troisième volume, que j’ai mis neuf mois à écrire. Prenez votre temps, savourez l’histoire, et dites-moi ce que vous en pensez en me laissant une petite revue sur Amazon.

Couverture du livre “Meurtre à l’Emporium des Curiosités” de Fern Cristo, cosy mystery de la série Bartabot Investigations, illustrant un terrarium mystérieux entouré de plantes, disponible sur Amazon Kindle.

Tant Que le Café est Encore Chaud de Toshikazu Kawaguchi: Chronique

Posted on May 18, 2024July 19, 2025 by ferncristo

J’ai terminé Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi hier soir, et ce petit livre m’a laissée songeuse. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Toute l’histoire se déroule dans un seul lieu : un café un peu hors du temps, presque intime, avec une poignée de personnages. Ce café est spécial, car il permet à ses clients de retourner dans le passé. Mais pas sans conditions. Il y a des règles strictes. On ne peut rencontrer que des personnes qui sont venues dans ce café. Il faut s’assoir sur une chaise spécifique. Et surtout, il faut revenir dans le présent avant que le café servi au début de l’expérience ne refroidisse. Et le plus important : quoi qu’on fasse durant cette brève escapade dans le passé, cela ne changera en rien le présent.

Le concept est à la fois original et poétique. Par moments, l’histoire est touchante, douce-amère, presque contemplative. Pourtant, je ne suis pas sûre d’en garder un souvenir impérissable. Ce qui me reste en tête, ce n’est pas tant l’émotion qu’il a suscitée que le questionnement qu’il provoque.

Car voilà : on nous explique que ces voyages dans le passé n’ont aucun impact sur le présent. Pourtant, sans trop en dire, un passage en particulier m’a troublée. Lorsqu’un des personnages principaux retourne voir sa sœur, cela semble modifier l’attitude de ses parents vis-à-vis d’elle dans le présent. 🤨 Est-ce une incohérence ? Un « trou » dans le scénario ? Ou est-ce une façon subtile de la part de l’auteur de nous inviter à réfléchir sur les conséquences de nos actions présentes sur notre futur ?

Et si je pouvais retourner dans le passé?

Bien sûr, je me suis aussi posé la question : si je pouvais retourner dans le passé, à qui aimerais-je parler ? Probablement à mon grand-père maternel. Il est parti bien trop tôt et je n’en garde qu’un souvenir flou. J’aimerais le rassurer. J’aimerais lui dire que sa fille s’en est sortie, qu’elle a vécu une vie formidable malgré tous les obstacles que la vie a placés sur son chemin. Et que, moi aussi, j’ai continué sur la lancée qu’il avait amorcée. Que les sacrifices qu’il a consentis n’ont pas été vains.

Si cette histoire vous tente, il y a toute une série sur le même sujet. Moi, je m’arrête là.

L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden: chronique

Posted on February 28, 2024July 19, 2025 by ferncristo

En fait, j’ai terminé ce livre la semaine dernière. Mais au lieu de poster ma chronique tout de suite, je me suis laissée happer par le tome suivant. Impossible de résister ! Avec un peu de retard donc, voici ce que j’ai pensé de L’Ours et le Rossignol.

Résumé de L’Ours et le Rossignol

L’Ours et le Rossignol est un roman fantastique écrit par Katherine Arden. Il nous entraîne dans la Russie médiévale. On y suit Vasya, une jeune fille capable de voir et de communiquer avec les créatures surnaturelles du folklore russe. Dans son village isolé, la vie est rythmée par les rites anciens. Ces rites sont destinés à protéger la communauté des forces invisibles qui rôdent dans les forêts glacées. L’arrivée d’un prêtre zélé, bien décidé à éradiquer ces croyances païennes au profit du christianisme, vient bouleverser cet équilibre fragile. Peu à peu, des forces sombres se réveillent. Vasya, seule consciente du danger, devra braver peurs et interdits pour protéger ceux qu’elle aime – quitte à se mettre elle-même en danger.

Un roman mémorable

Vasya est une héroïne fascinante. Elle est farouchement indépendante, rebelle et courageuse, mais aussi tendre et vulnérable. Elle lutte contre le poids des attentes imposées aux femmes de son époque et trace son propre chemin, même si cela signifie avancer seule.

Ce roman m’a totalement happée. Je me suis laissée engloutir par son atmosphère dense, mystérieuse et envoûtante. Katherine Arden a une plume poétique et sensorielle qui fait naître sous nos yeux la beauté sauvage des forêts enneigées, la chaleur réconfortante d’un feu de cheminée, l’odeur du pain cuit au miel, et le murmure des créatures mystiques qui se cachent dans l’ombre. C’est un voyage à la fois merveilleux et inquiétant, une immersion totale dans une Russie ancienne où se mêlent mythes et croyances populaires.

C’est d’ailleurs le livre que j’ai choisi comme thème Bookstagram de l’hiver, et je ne pouvais pas rêver mieux. À chaque chute de neige, j’ai envie de rouvrir le roman, de relire quelques passages au hasard, et de me replonger dans cet univers glacé et magique.

L’Ours et le Rossignol est une lecture captivante et immersive qui enchantera les amoureux de fantasy et de folklore. Avec sa prose somptueuse, ses personnages profondément humains, et son ambiance féerique, ce roman a laissé une empreinte durable dans ma mémoire.

Et vous ? Vous laisserez-vous tenter par cette expérience sensorielle ?

Si vous êtes à la recherche de livre qui on pour thème l’hiver, voici ma selection 2024:

Bienvenue en Laponie (Crime et Boules de Neige) de Garance Pommeroy (Cosy Msytery)

Coup de Foudre au Chalet de Ava Król (Romance)

Mon Hiver Cosy de Caroline Millet (Arts et Métiers)

Enterrez-vos Morts de Louise Penny (Polar)


Bienvenue en Laponie (Crime et Boules de Neige) de Garance Pommeroy: Chronique

Posted on February 16, 2024July 19, 2025 by ferncristo

Bienvenue en Laponie nous transporte dans un petit village enneigé au cœur de la Laponie. Le propriétaire d’une scierie est retrouvé assassiné. Très vite, la meilleure amie de Camille est accusée du meurtre. Bien décidée à prouver son innocence, Camille se lance dans l’enquête. Sans grande surprise, elle parvient à innocenter son amie.

C’est une enquête policière simple et sans prétention. Une histoire parfaite à savourer au coin du feu un après-midi d’hiver, avec une tasse de thé. On y retrouve tous les ingrédients d’un bon cosy mystery. Une galerie de personnages attachants et variés, un cadre charmant où la neige s’invite comme un personnage à part entière, et des intérieurs chaleureux qui donnent envie de se lover sous un plaid. L’intrigue avance à un rythme soutenu, maintenant l’intérêt du lecteur jusqu’au dénouement.

Les points positifs de Bienvenue en Laponie

Ce qui m’a particulièrement séduite, c’est l’atmosphère nordique qui se dégage de ce roman. Les paysages de Laponie y sont décrits avec une telle poésie qu’on a l’impression de sentir la morsure du froid sur les joues, d’entendre les clochettes des traîneaux à chiens et d’apercevoir les aurores boréales danser dans le ciel. L’auteure prend aussi le temps d’évoquer les coutumes locales et la culture des peuples natifs, ce qui enrichit l’histoire et lui donne une profondeur inattendue.

Les petits bémols

J’aurais aimé que certains aspects soient davantage développés. Notamment la relation entre Camille et ses parents semble avoir un potentiel émotionnel fort mais reste un peu en surface. De même, le moment où l’on découvre le coupable manque légèrement de suspense et aurait gagné à être plus percutant pour créer un effet de surprise.

En résumé

Bienvenue en Laponie est une lecture douce et agréable, idéale pour les amateurs de cosy mysteries qui veulent s’évader dans un décor hivernal. Ce roman offre un joli moment de dépaysement et donne envie de se blottir bien au chaud pour tourner les pages.

C’est ma troisième chronique ce mois-ci, sur mon thème de janvier/février dédié à l’hiver. Retrouvez tout mon contenu sur ce thème sous #pagesgelées sur Instagram.

Coup de Foudre au Chalet de Ava Król (Romance)

Mon Hiver Cosy de Caroline Millet (Arts et Métiers)

Enterrez-vos Morts de Louise Penny (Polar)

Couverture du livre “Coup de foudre au chalet” d’Ava Król. Illustration hivernale avec un chalet rose entouré de sapins enneigés et de flocons de neige sur un fond violet pailleté. Le mot “Chronique” apparaît en bas de l’image, encadré de décorations d’hiver.

Coup de Foudre au Chalet de Ava Król: Chronique

Posted on February 2, 2024July 19, 2025 by ferncristo

Le résumé de Coup de Foudre au Chalet

Coup de Foudre au Chalet est une romance classique qui réunit les thèmes favoris du genre. Quand son patron envoie Justine en mission secrète pour convaincre un homme bourru de vendre son chalet, cette dernière saute sur l’occasion dans l’espoir d’avancer dans sa carrière. Un concours de circonstances les force à cohabiter, et bientôt la tension monte entre ces deux célibataires endurcis et marqués par la vie.

Coup de Foudre au Chalet: ce que j’en ai pensé

De la neige, un chalet en montagne, une proximité forcée entre deux personnes très attirées l’une par l’autre : tous les ingrédients de la romance sont réunis. J’ai été surprise de ne pas accrocher, puisque le roman a d’excellentes critiques sur Amazon. J’en ai donc déduit que c’était là une affaire de goût. J’ai trouvé l’histoire un peu simple et prévisible, et l’écriture un peu vulgaire. Encore une fois, mon goût n’engage que moi. Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de romance classique, et je crois que ce genre n’est plus pour moi. J’ai probablement lu beaucoup trop de romans Harlequin à l’adolescence 🙂
Mais si vous êtes fan du genre, foncez!

Mention spéciales pour la couverture

Cela, dit, la couverture de Coup de foudre au chalet est un véritable coup de cœur visuel. Avec ses tons pastel et ses détails enneigés, elle dégage une atmosphère douce et réconfortante qui évoque les soirées au coin du feu, les chalets douillets et la magie des hivers nordiques. Un visuel qui donne immédiatement envie de s’évader dans un univers cosy et hivernal.

Si vous êtes à la recherche de livre qui on pour thème l’hiver, voici ma selection 2024:

Bienvenue en Laponie (Crime et Boules de Neige) de Garance Pommeroy (Cosy Msytery)

L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden

Mon Hiver Cosy de Caroline Millet (Arts et Métiers)

Enterrez-vos Morts de Louise Penny (Polar)

Mon Hiver Cosy de Caroline Millet: Chronique

Posted on January 25, 2024July 19, 2025 by ferncristo

Résumé de Mon Hiver Cosy

Mon Hiver Cosy de Caroline Millet est un véritable trésor pour celles et ceux qui aiment savourer la magie de l’hiver. Plus qu’un simple livre, c’est un guide inspirant pour traverser la saison froide en douceur et redécouvrir l’esprit des fêtes. On y trouve une foule d’idées pour rendre son hiver plus chaleureux. Des décorations à réaliser avec des éléments naturels (branches de sapin, pommes de pin, agrumes séchés); des recettes gourmandes pour parfumer la maison (biscuits, gâteaux, boissons réconfortantes); des suggestions de films et de musiques pour se plonger dans l’ambiance de Noël. Et même des traditions païennes comme Yule ou Imbolc qui rappellent l’origine de certaines de nos coutumes modernes. Sans oublier des idées de cadeaux faits main qui ajoutent une touche personnelle aux fêtes.

Ce que j’ai aimé dans Mon Hiver Cosy

Mon Hiver Cosy m’a séduite par sa façon d’aborder Noël et l’hiver. Ici, pas de course effrénée aux cadeaux ni de surenchère commerciale : Caroline Millet nous propose un retour aux sources, une célébration apaisante et authentique de la saison. Elle met à l’honneur les traditions, la nature, les petites joies simples, loin de la frénésie des boutiques. Un vrai souffle d’air frais qui donne envie de ralentir et de savourer chaque moment.

Des illustrations magnifiques

Ce qui rend ce livre encore plus spécial, ce sont les illustrations magnifiques réalisées par l’autrice elle-même. Chaque page est un plaisir pour les yeux et donne envie de ralentir, de créer et de savourer l’instant présent.

En résumé, foncez!

Mon Hiver Cosy est une bulle d’inspiration et de créativité qui donne envie d’allumer une bougie, de se préparer un thé fumant et de se reconnecter à l’essentiel. C’est le compagnon parfait pour un hiver magique et apaisant Comme ce livre est très visuel, j’ai fait une chronique vidéo!

Si ce livre vous plaît, allez jeter un oeil sur découvrez toute la série et abonnez-vous à la page Instagram de Caroline Millet.

C’est ma troisième chronique ce mois-ci, sur mon thème de janvier/février dédié à l’hiver. Retrouvez tout mon contenu sur ce thème sous #pagesgelées sur Instagram.

Coup de Foudre au Chalet de Ava Król (Romance)

Enterrez-vos Morts de Louise Penny (Polar)

Bienvenue en Laponie, de Garance Pommeroy

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Enterrez vos Morts de Louise Penny: Chronique

Posted on January 13, 2024July 20, 2025 by ferncristo

Résumé d’Enterrez vos Morts de Louise Penny

Enterrez Vos Morts (2010) de Louise Penny est le sixième volume des enquêtes de l’inspecteur Gamache. C’est mon préféré pour l’instant. Le roman s’ouvre sur la visite de Gamache chez un ami à Québec City. Il tente de se remettre physiquement et émotionnellement d’une affaire policière qui a mal tourné. Sur place, il se retrouve à enquêter sur l’assassinat d’un archéologue amateur. Celui-ci cherchait la tombe de Samuel Champlain. Pendant ce temps, Gamache envoie l’agent Beauvoir dans son village bien-aimé des Trois Pins pour rouvrir une autre enquête.

Louise Penny développe chaque intrigue d’une main de maître, distribuant au cours de l’histoire des éléments de cette affaire qui a coûté la vie de plusieurs agents et failli tuer Gamache et Beauvoir.

Ma chronique d’Enterrez vos Morts

On ouvre un Louise Penny comme on enfile son pull préféré. Les personnages sont complexes, et en sautant d’une intrigue à l’autre, l’autrice vous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Plus qu’un simple polar, l’histoire vous force à réfléchir sur la nature humaine dans ses aspects les plus beaux, les plus laids et les plus contradictoires. L’intrigue principale se déroule dans la ville historique de Québec City, et si vous êtes comme moi, vous abandonnerez peut-être votre lecture, le temps de regarder le prix d’un billet d’avion.

L’hiver est la toile de fond préférée de Louise Penny et un élément clé de ses romans. Elle aime juxtaposer la violence et la beauté des hivers québécois avec de grands feux de cheminée, des auberges chaleureuses, des boissons chaudes et des amitiés profondes.

“L’intérieur de l’auberge était confortable et bien chauffé, et le vent et la neige qui se précipitaient contre les fenêtres ne faisaient qu’augmenter leur sentiment de sécurité. Des feux étaient allumés dans les foyers. Dehors, le vent battait l’extérieur du bâtiment robuste, sans le faire vaciller d’un pouce.” (Ma traduction)

Si vous cherchez un polar à lire au coin du poêle un soir de tempête, allez chercher celui-ci chez votre libraire, vous ne le regretterez pas. 

Thèmes : la culpabilité, la tombe de Champlain, le nationalisme Québecois, l’amitié et l’appartenance

#louisepenny #pagesgelées #chroniquelittéraire

Si vous êtes à la recherche de livre qui on pour thème l’hiver, voici ma selection 2024:

Bienvenue en Laponie (Crime et Boules de Neige) de Garance Pommeroy (Cosy Msytery)

L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden

Mon Hiver Cosy de Caroline Millet (Arts et Métiers)

Coup de Foudre au Chalet d’Ava Król (Romance)

"Sélection de livres pour le thème Bookstagram #pagesgelées : L’Ours et le Rossignol, Enterrez vos morts, Mon Hiver Cosy, Crime et boule de neige, Coup de foudre au chalet. Ambiance hivernale avec sapins et flocons."

#pagegelées : Mon Thème Bookstagram de Janvier Inspiré par l’Hiver

Posted on January 5, 2024July 19, 2025 by ferncristo

Le solstice d’hiver, point culminant de l’obscurité

Le solstice d’hiver offre une signification particulière qui transcende les simples révolutions célestes. C’est un instant où la nature semble retenir son souffle, où la nuit règne en maître. Ici, au Colorado, les sapins poudrés de neige, le froid mordant et les paysages immaculés invitent plus que jamais à ralentir. C’est la saison des bougies, des plaids et des tasses fumantes. Quel meilleur moment pour se perdre dans un livre ? J’aime la quiétude qui accompagne cette saison. L’hiver nous offre un espace mental propice à la réflexion, à la contemplation des idées qui s’épanouissent dans le calme de la nuit.

C’est une période où l’on peut se perdre dans les méandres d’une histoire. Alors laissons nous emporter par l’encre d’un écrivain, et voyager sans quitter le cocon chaleureux de son chez-soi.

Ma selection livresque pour mon thèmes #pagesgelées

Voici les 5 livres dont je vais vous parler pour célébrer le thème de l’hiver en janvier 2024:

🌲 L’Ours et Le Rossignol de Katherine Arden (fantasy)
Plongez dans les légendes glacées de la Russie médiévale. Entre forêts enneigées, esprits anciens et la force d’une jeune héroïne qui refuse de se plier aux traditions, ce roman est une évasion parfaite pour les longues nuits d’hiver. Magie et frissons garantis.

☕ Crime et Boule de neige, Bienvenue en Laponie de Garance Pommeroy (cosy mystery)
Dans un petit village lapon sous la neige, un meurtre secoue la communauté. Heureusement, une héroïne attachante et déterminée mène l’enquête. Parfait pour celles et ceux qui aiment résoudre des crimes bien au chaud sous un plaid.

❄️ Enterrez Vos Morts de Louise Penny (Thriller)
Le Québec en plein hiver, une enquête sombre et profondément humaine. Louise Penny signe ici une intrigue captivante, où le froid extérieur se mêle à la tension psychologique. Un thriller idéal pour frissonner de suspense.

🏔️ Coup de Foudre au Chalet d’Ava Król (Romance) 
Un chalet perdu dans la neige et deux âmes en quête de réconfort. Une romance qui réchauffe le cœur. Une lecture douce et pétillante pour les amateurs d’histoires d’amour hivernales.

🕯️ Mon Hiver Cosy – Caroline Millet (Art et Loisirs)
Ce livre est une ode à la saison froide : rituels, décorations naturelles, recettes réconfortantes et traditions comme Yule et Imbolc. Illustré avec soin, il est une invitation à savourer l’hiver autrement, loin du tumulte commercial.

J’ai hâte de vous parler de ces livres! Retrouvez mes postes sur mon compte Instagram.

Leçons de Chimie de Bonnie Garmus: Chronique

Posted on December 20, 2023July 19, 2025 by ferncristo

Le Résumé de Leçon de Chimie de Bonnie Garmus

Leçon de chimie de Bonnie Garmus raconte l’histoire d’Elizabeth Zott. Dans les années 1960, cette brillante chimiste travaille à l’Institut de recherche Hastings. Mais dans ce milieu dominé par les hommes, la misogynie l’empêche de percer. Veuve et mère d’une petite fille, elle quitte la recherche. Elle devient alors la star d’une émission de cuisine. Armée de son savoir scientifique et de ses convictions féministes, elle déclenche une petite révolution chez les femmes au foyer.

Sa candeur et son franc-parler font rire autant qu’ils font réfléchir. Ce roman questionne la condition des femmes et rappelle des moments où nous avons, nous aussi, subi sexisme et misogynie. Dans mon groupe de lecture, le débat a été intense. Et croyez-moi : on n’a pas fait tant de progrès que ça !

Les personnages secondaires sont attachants, notamment le chien d’Elizabeth, Harriet, sa voisine et sa fille Mad, même si le concept de l’enfant surdoué fait un peu cliché. Elizabeth, quant à elle, est plus difficile à apprécier. Elle est forte, déterminée et intransigeante, des qualités admirables. Mais le personnage manque de profondeur et d’émotivité. Je révèle peut-être là ma propre misogynie en attendant plus d’émotions de la part d’un personnage féminin.

Notre expérience de lecture commune

Ce roman est une lecture captivante, pleine de rebondissements, de moments forts et couronnée d’une fin très satisfaisante. Nous avons lu Leçon de chimie dans notre club de lecture de quartier. C’était notre tout premier livre. Si nous nous connaissions déjà un peu, ce roman nous a permis de nous rapprocher et de mieux nous connaître. En partageant nos expériences du sexisme et de la misogynie à travers nos vies et les trois générations représentées dans notre groupe, la discussion a pris une profondeur particulière.

Thèmes: féminisme, misogynie, les femmes dans les sciences, amour, maternité

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Originaire des Hauts-de-France, j'ai troqué le ciel gris du Nord pour les montagnes du Colorado, où je vis avec mon mari et mes trois enfants. Autrice touche-à-tout, j'écris des Feel Good, des romans jeunesses et des cosy mystery. Suivez mes aventures littéraires sur Instagram (@laplumedefern), TikTok (fern.cristo) et YouTube (@FernCristoLivres)

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