L’histoire…
De si remarquables créatures de Shelby Van Pelt (2022) raconte l’histoire de Tova Sullivan. Veuve solitaire, elle travaille la nuit comme femme de ménage dans un aquarium de la côte ouest des États-Unis. Trente ans plus tôt, son fils Erik est mort dans un accident de bateau. Depuis, Tova vivote sans trouver le bonheur. À sa grande surprise, elle se lie d’amitié avec Marcellus, un poulpe géant du Pacifique doté d’une intelligence exceptionnelle.
En parallèle, Cameron Cassmore, un jeune homme désillusionné venu de Californie, arrive dans la petite ville côtière pour retrouver le père qu’il n’a jamais connu. Il accepte un travail temporaire à l’aquarium. Peu à peu, son destin s’entrelace avec celui de Tova, sous le regard attentif de Marcellus, bien décidé à intervenir.
Ce que j’aimé dans De Si Remarquables Créatures
Le récit met en parallèle deux destins opposés. Cameron porte la blessure de l’abandon maternel. Tova, elle, n’a jamais surmonté la perte tragique de son fils. L’un souffre de ce qu’il n’a pas eu. L’autre de ce qu’elle a perdu. Deux solitudes différentes, mais tout aussi déchirantes.
Le roman s’interroge aussi sur la fin de la vie. Seul, avec un compagnon, entouré d’amis ou auprès de ses enfants : chaque choix implique ses sacrifices. Il n’existe pas un seul modèle, mais une pluralité de chemins possibles.
L’amitié occupe également une place centrale. Elle rappelle que la famille n’est pas seulement celle du sang, mais aussi celle que l’on choisit. Dans cette perspective, Marcellus, le poulpe géant du Pacifique, devient bien plus qu’un simple animal. Véritable personnage à part entière, terriblement prétentieux mais irrésistible, il incarne ce lien inattendu et salvateur qui bouleverse une existence. De la même façon, Cameron, en quête de son père, trouve une figure paternelle en Ethan. Cet immigrant écossais, qui a repris une épicerie après sa retraite, le traite comme un fils, sans que Cameron s’en aperçoive.
Ce roman rappelle avec justesse que la vie est complexe. Le bonheur que procure l’amour est inversement proportionnel à la douleur causée par la perte. Mais il offre aussi une lueur d’espoir : celle des secondes chances, toujours possibles, même lorsque l’on croit qu’il est trop tard.
J’ai savouré ce livre au point de faire durer les cinquante dernières pages. Je me doutais pourtant de ce qui allait se passer. Pas de fin en queue de poisson (ha ha !). Pas de suspense insoutenable. Mais une histoire qui réchauffe le cœur et que je vous recommande vivement.
