J’ai terminé Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi hier soir, et ce petit livre m’a laissée songeuse. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.
Toute l’histoire se déroule dans un seul lieu : un café un peu hors du temps, presque intime, avec une poignée de personnages. Ce café est spécial, car il permet à ses clients de retourner dans le passé. Mais pas sans conditions. Il y a des règles strictes. On ne peut rencontrer que des personnes qui sont venues dans ce café. Il faut s’assoir sur une chaise spécifique. Et surtout, il faut revenir dans le présent avant que le café servi au début de l’expérience ne refroidisse. Et le plus important : quoi qu’on fasse durant cette brève escapade dans le passé, cela ne changera en rien le présent.
Le concept est à la fois original et poétique. Par moments, l’histoire est touchante, douce-amère, presque contemplative. Pourtant, je ne suis pas sûre d’en garder un souvenir impérissable. Ce qui me reste en tête, ce n’est pas tant l’émotion qu’il a suscitée que le questionnement qu’il provoque.
Car voilà : on nous explique que ces voyages dans le passé n’ont aucun impact sur le présent. Pourtant, sans trop en dire, un passage en particulier m’a troublée. Lorsqu’un des personnages principaux retourne voir sa sœur, cela semble modifier l’attitude de ses parents vis-à-vis d’elle dans le présent. 🤨 Est-ce une incohérence ? Un « trou » dans le scénario ? Ou est-ce une façon subtile de la part de l’auteur de nous inviter à réfléchir sur les conséquences de nos actions présentes sur notre futur ?
Et si je pouvais retourner dans le passé?
Bien sûr, je me suis aussi posé la question : si je pouvais retourner dans le passé, à qui aimerais-je parler ? Probablement à mon grand-père maternel. Il est parti bien trop tôt et je n’en garde qu’un souvenir flou. J’aimerais le rassurer. J’aimerais lui dire que sa fille s’en est sortie, qu’elle a vécu une vie formidable malgré tous les obstacles que la vie a placés sur son chemin. Et que, moi aussi, j’ai continué sur la lancée qu’il avait amorcée. Que les sacrifices qu’il a consentis n’ont pas été vains.
Si cette histoire vous tente, il y a toute une série sur le même sujet. Moi, je m’arrête là.
